DOMUNI UNIVERSITAS

Paroles vives

Tout être verra le salut de Dieu !

Tout être verra le salut de Dieu ! 9 décembre 2018

Luc 3,1-6

L’an quinze du règne de l’empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode étant alors au pouvoir en Galilée, son frère Philippe dans le pays d’Iturée et de Traconitide, Lysanias en Abilène,
les grands prêtres étant Hanne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, le fils de Zacharie.
Il parcourut toute la région du Jourdain, en proclamant un baptême de conversion pour le pardon des péchés,
comme il est écrit dans le livre des oracles d’Isaïe, le prophète :
« Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers.
Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis;
et tout être vivant verra le salut de Dieu. »

Méditation

Quelles solutions, légiférer ?

Devant la pagaïe qui règne ce we un peu partout, nous pourrions être tentés de penser que la solution est technique : un problème, une solution. S’il y a des casseurs, je renforce la police, au besoin j’appelle l’armée. S’il y a des voleurs, je renforce ma porte et je mets des verrous. Ou bien est-elle économique : rétablir les bons équilibres, au prix de quelques sacrifices et donc de sacrifiés. La solution peut aussi être politique : J’interdis les manifestations, je garantis la sécurité, avec fermeté. Pourquoi ne pas réglementer tout cela : établir des normes en sorte que, comme le disait Saint Just (le révolutionnaire, pas le père de l'Eglise !) « Il se produise enfin une pente naturelle vers le bien » ?

En fait, rien de cela n’est suffisant. Nous en avons fait l’expérience, dit saint Paul, la loi, même inspirée, même sacrée, ne sauve pas. Il ne suffit pas de légiférer.

La politique, la gestion des égoïsmes ?

Et c’est pourquoi Jean Baptiste prêche, dans le désert certes, mais de manière claire et audible. Il mène une vie frugale avec un minimum de consommation. Il appelle à la conversion et au pardon des péchés. La solution des solutions n’est ni seulement technique, ni seulement économique, ni même politique. La politique n’est-elle pas une tentative pour gérer des égoïsmes privés ? On ne peut pas s’en sortir avec quelques beaux discours, fussent-ils très généreux. Il ne suffit pas de faire rêver. Le mal est extrêmement profond. Il faut en prendre conscience avec lucidité. « Jésus ne se fiait pas à eux, écrit l’évangile, car il savait ce qu’il y a dans l’homme ».

La solution ne peut être que radicale et donc spirituelle.

Il faut changer de cœur, de logique, de dynamique, de souffle, d’esprit. Il faut rien moins qu’accepter de tout perdre, accepter de mourir, et renaître transformé, transfiguré. On ne peut rien faire à moitié. Il faut se convertir et accueillir le pardon, celui des autres et celui de Dieu.

Jean Baptiste avec un gilet jaune ?

Même s’il veut tout changer, je n’imagine donc pas Jean Baptiste avec un gilet jaune. Pas plus que les années précédentes je ne l’aurais imaginé avec une mitraillette, des bombes à jeter dans un aéroport, avec un gilet d’explosifs pour n’avoir rien à assumer. Certes il faut que les choses changent. Cela ne peut plus durer. Le monde tourne à l’envers et c’en est devenu insupportable. Mais pour changer le monde, il faut le changer au plus profond, en vérité et pas seulement superficiellement, avec des faux semblants. L’humanité en sera-t-elle capable ? Tout le monde s’est mis à en douter.

« Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis »

Les utopies sont mortes

Il nous est devenu impossible d’y croire. Au XIXème siècle et au XXème, il y avait encore des utopies. Les utopies ont disparu. Tant mieux peut être, tant elles ont été meurtrières, mais il ne nous reste plus que le désenchantement. La réalité est exactement contraire à celle qu’annonçait Jean Baptiste. Dans son pays même, sous le prétexte absurde de la religion,  au lieu de faciliter le déplacement, tout est fait pour l’entraver. Des murs de béton entourent les villages. On ne peut plus circuler.

Mare nostrum, cimetières de migrants

Ici, nous nous réjouissons que la méditerranée soit un obstacle, un mur plus mortel que tous les barbelés. A la place du devoir de sauver les naufragés, on a fait un délit d’assistance à personne en danger. La mer est devenue le plus grand cimetière pour migrants. Les réfugiés, les désespérés n’ont plus par où fuir où passer. Les parents de Jésus aujourd’hui ne pourraient pas prendre leur bourriquot et migrer en Egypte, ni nulle part ailleurs.

Nous avons créé l'enfer

Nous avons trouvé des solutions pour renforcer les obstacles, pour obstruer tous les passages, en construisant des murs dans les ravins, sur les montagnes, en bombardant les tunnels et et en coulant les bateaux. Nous avons créé l’enfer. 

Alors qu’allons-nous fêter à Noël ? Un folklore usé et archi usé ? Le père Noël ?

Peut-être tout cela, avec beaucoup d’alcool, avec des drogues nouvelles, mortelles, pour accélérer un suicide collectif ?

En ce qui me concerne je me raccroche à cette dernière phrase du prophète :

« tout être vivant verra le salut de Dieu. »

Tout être : oui, tout le monde, le plus commun, le plus simple, verra. Et il verra le salut de Dieu.

L'imminence de Dieu

S’il y a un Dieu, et qu’il se manifeste, il ne ressemblera probablement pas à ce que nous attendons. Il sera surement beaucoup mieux.

Dans l'impatience, nous l’attendons !



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