DOMUNI UNIVERSITAS

Paroles vives

Sauvons la maison commune

Sauvons la maison commune 9 septembre 2019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Introduction, fr Michel Van Aerde

 NDparis

 

 

L’image est terrible.

Le pape François parle de la planète comme de la « maison commune » et nous avons tous dans les yeux l’incendie de Notre Dame. Notre maison est en feu, le monde est en feu. C’est un symbole. Que faisons-nous ?

Le pape François a recommandé que le 1er septembre soit reconnu comme Journée mondiale

de prière pour la sauvegarde de la création et que le mois de septembre soit considéré comme

une Saison de la création, jusqu'à la fête de saint François, le 4 octobre.

Les évêques de Belgique nous invitent à approfondir et à traduire en actes concrets « notre vocation de gardiens de la Création de Dieu ».

Notre communauté a pour projet « Sauvons notre maison commune ». Vous voyez les affiches et le grand poster.

Deux aspects dans cette célébration :

  • un regard contemplatif sur la Création et son évolution.
  • Et un engagement concret, par le biais des petites cartes indiquant nos engagements et placées dimanche dernier dans la boite rouge qui sera apportée en offrande tout à l’heure. Ceux qui n’étaient pas là peuvent, à leur tour, choisir une carte et l’échanger.

« Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher à ma suite ne peut pas être mon disciple ». Comment participons-nous au grand chemin de croix de l’évolution du monde ?

En entrant dans cette eucharistie, nous demandons pardon. 

 

Lecture de la lettre de saint Paul aux Romains (8, 19-25)

 

pantocratorLa création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu.

Car la création a été soumise au pouvoir du néant, non pas de son plein gré, mais à cause de celui qui l’a livrée à ce pouvoir. Pourtant, elle a gardé l’espérance d’être, elle aussi, libérée de l’esclavage de la dégradation, pour connaître la liberté de la gloire donnée aux enfants de Dieu.

Nous le savons bien, la création tout entière gémit, elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore.

Et elle n’est pas seule. Nous aussi, en nous-mêmes, nous gémissons ; nous avons commencé à recevoir l’Esprit Saint, mais nous attendons notre adoption et la rédemption de notre corps.

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Car nous avons été sauvés, mais c’est en espérance ; voir ce qu’on espère, ce n’est plus espérer : ce que l’on voit, comment peut-on l’espérer encore ?

Mais nous, qui espérons ce que nous ne voyons pas, nous l’attendons avec persévérance.

 

 

 

Extraits de Pierre Teilhard de Chardin

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« Créer n'est pas une petite affaire pour le Tout-Puissant, une partie de plaisir. C'est une aventure, un risque, une bataille où Il s'engage tout entier. (C’est le mystère même de la Croix, à l’échelle de l’univers).

…Jésus est Celui qui porte les péchés du monde, Celui qui surmonte structurellement en Lui-même, et pour nous tous, les résistances à l'unification, les résistances à la montée spirituelle inhérente à la Matière. Il est Celui qui porte le poids, inévitable par construction, de toute espèce de création. Il est le symbole et le geste du Progrès. Le sens complet et définitif de la Rédemption, ce n'est pas seulement expier : c'est traverser et vaincre. Le mystère plein du Baptême, ce n'est pas de laver, c'est (comme les Pères grecs l'avaient bien vu) de plonger dans le feu de la lutte purifiante « pour être ». Non plus l'Ombre, mais les ardeurs, de la Croix. »

« …Le Christ total ne se consomme qu'au terme de l'Évolution universelle. En lui j'ai trouvé ce dont mon être rêvait : un Univers personnalisé, dont la domination me personnalise… Cette « Âme du Monde », je la vois comme le produit d'une longue révélation historique où les moins croyants sont bien obligés de reconnaître une des principales lignes directrices du progrès humain.

Car le Christ-Universel n'est pas autre chose que l'expression authentique du Christ de l'Évangile. Christ renouvelé, sans doute, au contact du Monde moderne, mais Christ agrandi afin de rester lui-même.

Plus j'ai médité les magnifiques attributs cosmiques prodigués par saint Paul au Jésus ressuscité, plus j'ai réfléchi au sens conquérant des vertus chrétiennes, plus je me suis aperçu que le Christianisme ne prenait sa pleine valeur que porté à des dimensions universelles. Inépuisablement fécondées l'une par l'autre, ma foi individuelle au Monde et ma Foi chrétienne en Jésus n'ont pas cessé de se développer et de s'approfondir… »

Évangile (Lc 14, 25-33)

En ce temps-là, de grandes foules faisaient route avec Jésus ; il se retourna et leur dit : « Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple.

Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher à ma suite ne peut pas être mon disciple.

Quel est celui d’entre vous qui, voulant bâtir une tour, ne commence par s’asseoir pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout ? Car, si jamais il pose les fondations et n’est pas capable d’achever, tous ceux qui le verront vont se moquer de lui : ‘Voilà un homme qui a commencé à bâtir et n’a pas été capable d’achever !’

Et quel est le roi qui, partant en guerre contre un autre roi, ne commence par s’asseoir pour voir s’il peut, avec dix mille hommes, affronter l’autre qui marche contre lui avec vingt mille ? S’il ne le peut pas, il envoie, pendant que l’autre est encore loin, une délégation pour demander les conditions de paix.

Ainsi donc, celui d’entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple. »

Méditation du fr Michel Van Aerde op

L’évangile s’éclaire autrement quand nous le plaçons dans le contexte mondial des préoccupations pour la création.

« Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher à ma suite ne peut pas être mon disciple. » Comment notre croix est-elle liée à celle de Jésus et à l’évolution du monde ?

Jésus est la Parole de vie, libératrice et créatrice. Quand il nous présente un homme qui construit une tour, ou un roi qui part en guerre, il parle de lui-même et de son projet ambitieux pour l’univers. Aura-t-il les moyens d’aller jusqu’au bout, de le porter à son accomplissement ? Il guide la création non pas comme une fabrication mais comme un processus progressif, éducatif, souvent douloureux. Le chemin de croix exprime ce que vit le Christ Seigneur, non pas seulement dans sa chair, non pas seulement dans l’histoire sainte, mais aussi dans l’évolution cosmique, dans l’histoire de l’univers. Le créateur est inhérent à son œuvre et c’est dans ce mouvement global que nos existences personnelles prennent sens.

Or nous sommes à la croisée des chemins. Pour la première fois de son histoire, l’humanité peut détruire la planète qui l’a portée. Pour la première fois de son histoire, l’humanité devient responsable de son autodestruction ou de sa survie. Pour la première fois de son histoire, l’humanité doit choisir son avenir. Cela tout le monde le sait. Mais, ce que nous croyons, c’est que l’humanité n’est pas seule.

Le créateur est solidaire de sa création. Elle lui tient à cœur. Il y a pris corps. Il s’y est lié. Il y a été cloué. Il ne peut pas, il ne veut pas s’en détourner. Il ne peut, il ne veut pas l’abandonner. Comme à son corps total, il lui insuffle son Esprit.

Prendre notre croix, c’est participer à la passion du Christ pour l’avenir de la vie. C’est prendre nos responsabilités pour défendre la justice, limiter les armements, protéger la biodiversité, recycler tout ce qui peut être recyclé. Car il n’y a pas d’« ailleurs » qui puisse servir de dépotoir éternel. Rien ne peut être définitivement exclu. Rien ne peut être définitivement perdu.

Ce que veut dire le mot théologique « rédemption », c’est une sorte de recyclage ou de réinsertion réussie. C’est vrai pour les hommes, pour leur âme, pour leur cœur. C’est vrai pour le monde aussi, pour les plastiques, comme pour les déchets atomiques. Nous avons appris à filtrer l’air, à purifier les fleuves, à recycler les eaux usées, nous apprendrons un mode de vie sans déchets.

Si nous croyons à la résurrection, nous nous intéressons aux corps, à la matière et donc à l’univers. Il y a un « autre monde », mais il est ce monde-ci devenu autre, purifié, transfiguré. Les morts ne sont pas ailleurs, ils ont une autre relation au monde que nous connaissons.

La phrase de saint Paul résume le drame du monde : « la création tout entière gémit, elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore ». C’est douloureux, c’est difficile, mais c’est un passage, une pâque. C’est un processus de vie, un avènement joyeux. L’avenir n’est pas une irréversible dégradation. Nous sommes remplis d’espérance et motivés pour participer à sa réussite, à sa réalisation.

Sachant que nous participons au grand projet de Dieu, nous portons notre croix, nos croix, avec un autre élan.

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