DOMUNI UNIVERSITAS

Paroles vives

Ouvrir les yeux

Ouvrir les yeux 24 mars 2017

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Une nouvelle dimension

Mettons-nous dans la peau, dans les yeux, dans l’obscurité d’un aveugle-né. Nous sommes, ensemble et chacun en particulier, des aveugles-nés. Certes nous savons beaucoup de choses, et l’enseignement se charge de nous remplir la tête, mais plus nous apprenons et plus nous découvrons l’ampleur de ce que nous ignorons. L’aveugle pouvait entendre de ses oreilles et sentir de ses doigts, percevoir les odeurs. Il lui manquait seulement une dimension de la perception, et le manque de la vue était chez lui le signe d’un autre manque, celui de la foi. Lumière du monde, Jésus ne prétend pas être le roi soleil, il désigne une autre dimension.

Nous sommes des aveugles-nés

Une certaine dimension de l’existence nous manque toujours. Cela peut être la vue, l’ouïe, la marche, le fait d’être bien dans sa peau. Pour certains cela peut être le sens de la musique, le goût du beau, ou même le sens de l’humour ! Jésus guérit l’aveugle, le sourd et le paralytique ainsi que le lépreux. Il guérit aussi l’homme au bras desséché, celui qui ne pouvait pas tendre la main, à qui donc manquait la dimension de l’échange et de la solidarité.

Il nous manque une dimension. Et cette dimension est en fait plus importante que toutes les autres qui n’en sont que les symboles. J’aimerais dire que nous ne savons pas respirer. Ce qui nous manque est aussi fondamental que cela. Lequel d’entre nous sait vraiment respirer à fond ? Il nous manque une respiration, une dimension, quelque chose de permanent qui non seulement change la vie mais plus encore la permet.

Mais nous ne le savons pas

La différence d’avec l’aveugle, c’est que lui, il en était conscient. Il se savait aveugle ! Nous, nous ne le savons même pas. Ce n’est qu’après avoir trouvé, que nous percevons ce qui nous manquait ! Nous connaissons tous des incroyants parfaitement satisfaits, qui disent ne manquer de rien. En cela l’apôtre est un sourcier, qui révèle une source, ou plutôt une soif, là où rien ne paraissait. Je disais que l’aveugle avait conscience de son état. Mais comment pouvait-il comprendre son manque, sans avoir jamais vu ? C’était pour lui un acte de confiance, un acte de foi.

Qui nous le montrera ?

Mettons-nous dans la peau de l'aveugle-né. Jésus en rajoute : il met sur mes yeux inutiles une couche de boue ! Certes, le symbole est clair : il se la joue au grand créateur qui façonne l’homme à partir de la boue et il m’envoie, avec ce cataplasme sur le visage, pour me laver à l’autre bout du quartier, à la fontaine de Siloé.
Il fallait y croire ! Est-ce par jeu, est-ce par docilité, est-ce par foi ? J’y suis allé. Et j’ai vu ! Des hommes qui marchaient comme des arbres…

Pourquoi je crois ?

Alors, on m’a demandé pourquoi je voyais. Mais je n’ai pas vu pourquoi j’ai vu. Je n’ai pas pu voir celui par qui j’ai pu voir. J’étais aveugle ! C’est dans une autre dimension qu’il s’est adressé à moi. Je suis aveugle mais j’entends. Je ne l’ai pas vu mais je l’ai entendu. Vous voyez ??

J'ai suivi aveuglément

J’ai fait ce qu’il m’a dit. Il ne m’a d’ailleurs pas guéri directement. J’ai suivi aveuglément ( !), j’ai appliqué à la lettre ses recommandations et me voilà voyant clair !
Je n’ai rien de plus que mon entourage. Tous ont pu l’entendre comme moi. Eux, ils ont même pu le voir, moi, je n’avais que le son de sa voix.

Mais les pharisiens n’en croyaient pas leurs yeux,

Eux qui prétendaient voir, ils n'y comprenaient que goutte. Un doute, un voile, leur masquait la réalité : le shabbat, la loi, le règlement, l’interdit divin !

Cela les a conduits à m’expulser hors de la ville, hors de leur vue. C’est alors que j’ai rencontré quelqu’un que je ne connaissais pas et qui, à son tour, m’a questionné. Il m’a questionné, non pas pour refuser le fait, ne vouloir ni en entendre parler ni le constater, mais pour comprendre ma situation. Il m’a posé la question de la foi.
Crois-tu au Fils de l’homme ?
Qui est-il ?
« Je le suis, moi qui te parle ! »
Et là encore, je l’ai cru !

Quelle est cette dimension qui nous manque ?

L’aveugle-né ne nous ressemble-t-il pas étrangement ? Il y a toujours une dimension qui nous manque. Et si ce n’est pas la foi, ce peut-être l’espérance ou, pire, la charité, ou la non-violence, l’amour des ennemis… Il y a toujours au moins une béatitude qui manque à notre épanouissement.
C’est alors que nous avons ce manque, que Jésus nous voit. Il le souligne d’une pastille de boue et il nous guérit pour que nous puissions le reconnaître, ressuscité !

 

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean ch.6

En passant, Jésus vit un homme aveugle de naissance.Ses disciples l’interrogèrent : « Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? » Jésus répondit : « Ni lui, ni ses parents n’ont péché. Mais c’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui. Il nous faut travailler aux œuvres de Celui qui m’a envoyé, tant qu’il fait jour ; la nuit vient où personne ne pourra plus y travailler. Aussi longtemps que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. » Cela dit, il cracha à terre et, avec la salive, il fit de la boue ; puis il appliqua la boue sur les yeux de l’aveugle, et lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé » – ce nom se traduit : Envoyé. L’aveugle y alla donc, et il se lava ; quand il revint, il voyait.

Ses voisins, et ceux qui l’avaient observé auparavant – car il était mendiant – dirent alors : « N’est-ce pas celui qui se tenait là pour mendier ? » Les uns disaient : « C’est lui. » Les autres disaient : « Pas du tout, c’est quelqu’un qui lui ressemble. » Mais lui disait : « C’est bien moi. »  Et on lui demandait : « Alors, comment tes yeux se sont-ils ouverts ? » Il répondit : « L’homme qu’on appelle Jésus a fait de la boue, il me l’a appliquée sur les yeux et il m’a dit : “Va à Siloé et lave-toi.” J’y suis donc allé et je me suis lavé ; alors, j’ai vu. » Ils lui dirent : « Et lui, où est-il ? » Il répondit : « Je ne sais pas. »

On l’amène aux pharisiens, lui, l’ancien aveugle. Or, c’était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue et lui avait ouvert les yeux. À leur tour, les pharisiens lui demandaient comment il pouvait voir. Il leur répondit : « Il m’a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé, et je vois. » Parmi les pharisiens, certains disaient : « Cet homme-là n’est pas de Dieu, puisqu’il n’observe pas le repos du sabbat. » D’autres disaient : « Comment un homme pécheur peut-il accomplir des signes pareils ? » Ainsi donc ils étaient divisés.

Alors ils s’adressent de nouveau à l’aveugle : « Et toi, que dis-tu de lui, puisqu’il t’a ouvert les yeux ? » Il dit : « C’est un prophète. » Or, les Juifs ne voulaient pas croire que cet homme avait été aveugle et que maintenant il pouvait voir. C’est pourquoi ils convoquèrent ses parents et leur demandèrent : « Cet homme est bien votre fils, et vous dites qu’il est né aveugle ? Comment se fait-il qu’à présent il voie ? »  Les parents répondirent : « Nous savons bien que c’est notre fils, et qu’il est né aveugle. Mais comment peut-il voir maintenant, nous ne le savons pas ; et qui lui a ouvert les yeux, nous ne le savons pas non plus. Interrogez-le, il est assez grand pour s’expliquer.   Ses parents parlaient ainsi parce qu’ils avaient peur des Juifs. En effet, ceux-ci s’étaient déjà mis d’accord pour exclure de leurs assemblées tous ceux qui déclareraient publiquement que Jésus est le Christ. Voilà pourquoi les parents avaient dit : « Il est assez grand, interrogez-le ! »

Pour la seconde fois, les pharisiens convoquèrent l’homme qui avait été aveugle, et ils lui dirent : « Rends gloire à Dieu ! Nous savons, nous, que cet homme est un pécheur. » Il répondit : « Est-ce un pécheur ? Je n’en sais rien. Mais il y a une chose que je sais : j’étais aveugle, et à présent je vois. »  Ils lui dirent alors : « Comment a-t-il fait pour t’ouvrir les yeux ? » Il leur répondit : « Je vous l’ai déjà dit, et vous n’avez pas écouté. Pourquoi voulez-vous m’entendre encore une fois ? Serait-ce que vous voulez, vous aussi, devenir ses disciples ? » Ils se mirent à l’injurier : « C’est toi qui es son disciple ; nous, c’est de Moïse que nous sommes les disciples. Nous savons que Dieu a parlé à Moïse ; mais celui-là, nous ne savons pas d’où il est. » L’homme leur répondit : « Voilà bien ce qui est étonnant ! Vous ne savez pas d’où il est, et pourtant il m’a ouvert les yeux. Dieu, nous le savons, n’exauce pas les pécheurs, mais si quelqu’un l’honore et fait sa volonté, il l’exauce. Jamais encore on n’avait entendu dire que quelqu’un ait ouvert les yeux à un aveugle de naissance. Si lui n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. » Ils répliquèrent : « Tu es tout entier dans le péché depuis ta naissance, et tu nous fais la leçon ? » Et ils le jetèrent dehors.

Jésus apprit qu’ils l’avaient jeté dehors. Il le retrouva et lui dit : « Crois-tu au Fils de l’homme ? » Il répondit : « Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? » Jésus lui dit : « Tu le vois, et c’est lui qui te parle. » Il dit : « Je crois, Seigneur ! » Et il se prosterna devant lui. Jésus dit alors : « Je suis venu en ce monde pour rendre un jugement : que ceux qui ne voient pas puissent voir, et que ceux qui voient deviennent aveugles. » Parmi les pharisiens, ceux qui étaient avec lui entendirent ces paroles et lui dirent : « Serions-nous aveugles, nous aussi ? » Jésus leur répondit : « Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché ; mais du moment que vous dites : “Nous voyons !”, votre péché demeure.
 

 



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