DOMUNI UNIVERSITAS

Paroles vives

Les deux cercles

Les deux cercles 20 mai 2017

Actes des Apôtres (14, 19-28)

Comme Paul et Barnabé se trouvaient à Lystres, des Juifs arrivèrent d’Antioche de Pisidie et d’Iconium, et ils parvinrent à retourner la foule; Paul fut lapidé, puis on le traîna hors de la ville en pensant qu’il était mort. Mais, quand les disciples se groupèrent autour de lui, il se releva et rentra dans la ville. Le lendemain, avec Barnabé, il partit pour Derbé; dans cette ville ils annoncèrent la Bonne Nouvelle et firent de nombreux disciples. Puis ils revinrent à Lystres, à Iconium et à Antioche de Pisidie. Ils affermissaient le courage des disciples; ils les exhortaient à persévérer dans la foi, en disant: «Il nous faut passer par bien des épreuves pour entrer dans le royaume de Dieu.» Ils désignèrent des Anciens pour chacune de leurs Églises et, après avoir prié et jeûné, ils confièrent au Seigneur ces hommes qui avaient mis leur foi en lui.
Ils traversèrent la Pisidie et se rendirent en Pamphylie. Après avoir annoncé la Parole aux gens de Pergé, ils descendirent vers Attalia, et prirent le bateau jusqu’à Antioche de Syrie, d’où ils étaient partis; c’est là qu’ils avaient été remis à la grâce de Dieu pour l’œuvre qu’ils venaient maintenant d’accomplir. À leur arrivée, ayant réuni les membres de l’Église, ils leur racontaient tout ce que Dieu avait fait avec eux, et comment il avait ouvert aux nations païennes la porte de la foi. Ils demeurèrent alors un certain temps avec les disciples.

Méditation du fr Clau LOMBRISER op

Mort et résurrection

Voila un récit de mort et de résurrection. Et très particulier. Récit de mort d’abord, car la foule déchainée se saisit de Paul pour le lapider.

La lapidation prend tout naturellement la forme du cercle.

La victime est encerclée, et le mur qui se dresse tout autour ne lui laisse aucune chance d’échapper. Paul n’a survécu que parce qu’on le pensait mort. Ce cercle là est mortel. Mortel en lui même ! Mortifère ! La lapidation d’Etienne est le prototype de tous ces cercles qui se forment autour d’une victime désignée, d’un bouc émissaire et dont, en fin de compte, nul se sent coupable.

Mais il y a aussi un cercle de résurrection

En même temps, un autre cercle va se former, un deuxième cercle. Et ce cercle là est un cercle de vie, un kycklos, un cercle de résurrection – de Auferweckung. Paul, disent les Actes, trainé hors de la ville et tenu pour mort, gisait là par terre. Et que font les disciples ? Ils font cercle autour de lui. Kuklosein.
Et lorsque les disciples firent cercle autour de lui, Paul se releva. Faire cercle pour ressusciter donc… La résurrection prendrait alors, elle aussi, la forme du cercle. Là où des vivants font cercle autour d’un mourant, la vie renait. La force de ce cercle, sa Sprengkraft, est davantage que la somme des ses membres.

S’il est vrai que le cercle redouble la violence, le cercle quadruple aussi l’amour. Il redouble l’énergie vitale qui fait que Paul, tenu pour mort, se releva et rentra dans la ville.

Et le terme grec pour désigner ce phénomène est, « anastasis ».



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