DOMUNI UNIVERSITAS

Paroles vives

L'amour

L'amour 8 mai 2018

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Première lettre de saint Jean 4,7-10.

Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, puisque l’amour vient de Dieu. Celui qui aime est né de Dieu et connaît Dieu.
Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour.
Voici comment l’amour de Dieu s’est manifesté parmi nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui.
Voici en quoi consiste l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés, et il a envoyé son Fils en sacrifice de pardon pour nos péchés.

Jean 15,9-17.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour.
Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour.
Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. »
Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.
Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.
Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande.
Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître.
Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera.
Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres. »

Méditation du fr Michel Van Aerde op

L’amour, l’amour, l’amour… parlez nous d’amour…

N’avez-vous pas l’impression que l’on en parle trop, que le terme est galvaudé, qu’il s’est dévalué, qu’il a fini par perdre son sens, tellement il a été utilisé, instrumentalisé, moralisé ? Quand j’entends le mot “amour”, je me méfie, et j’attends ce que l’on va me demander, en me culpabilisant si je ne le fais pas.
Il y a deux mots, dans notre vocabulaire, qui ont énormément souffert, au point ne plus rien suggérer ou, pire, de suggérer le contraire de leur contenu premier, deux mots qui sont devenus non plus seulement une caricature mais leur propre perversion. Ces deux mots, c’est le mot amour et c’est le mot Dieu. On tue au nom de Dieu et l’on fait souffrir, on torture, au nom de l’amour.
Que ces deux mots soient liés n’est pas un hasard puisque, pour les chrétiens, ces deux mots désignent la même réalité : “Dieu est amour”. Et “qui aime est né de Dieu et connaît Dieu.” Saint Jean le dit bien : Dieu et l’amour, cela ne fait qu’un.

Mais voilà : qui est Dieu et qu’est-ce que l’amour ?

J’aime les frites… j’aime le printemps… j’aime la beauté, j’aime la jeunesse, j’aime l’argent, j’aime avoir un peu de pouvoir, j’aime briller en société, j’aime la sécurité, j’aime les belles maisons, j’aime tellement de choses, et j’aime les gens de tellement de manières différentes, qu’à la fin, je ne sais plus ce que veut dire « aimer ». En espagnol on dit « querer », vouloir, « te quiero », « je te veux »… c’est un peu cru. On a envie de répondre « pourquoi faire ? » « pour combien de temps ? »
J’aime les cerises, mais je crache les noyaux. Je n’aime pas tout, dans les cerises… Est-ce que je dois tout aimer si j’aime quelqu’un ? Est-ce que je peux rejeter une partie ? Sa mauvaise humeur, sa bêtise, ses échecs, ses limites, ses maladies ? Puis-je choisir ou dois-je prendre tout, vouloir tout ?
Aimer, qu’est-ce que c’est ? Un sentiment ? « Je t’aimais, c’était bien »… « Je ne t’aime plus, c’est ainsi, c’est un fait… il faut être lucide, il faut être sincère… » « J’en aime un(e) autre davantage… » Vous avez tous entendu cela, vous l’avez peut- être dit aussi… Qu’est-ce que l’amour ? Un virus, une maladie, quelque chose qui m’atteint, et je n’y suis pour rien ? La flèche de Cupidon qui m’instille un poison et me rend dépendant ? Qu’est-ce que l’amour ? Une aliénation ?
Est-ce qu’on peut se forcer à aimer ? N’est-ce pas justement quelque chose qui ne se commande pas ? qui vous arrive, passivement ? On tombe amoureux, « we fall in love », et cela rend aveugle paraît-il !

Pas une maladie

Vous l’avez compris, notre culture contemporaine, les films que nous voyons, les chansons que nous écoutons, les romans que nous lisons, se trouvent à des années lumières de l’Evangile. Nos contemporains ne peuvent pas imaginer une seule seconde cette vérité fondamentale que nous révèle Jésus : l’amour, oui cela se commande ! C’est même le premier des commandements.
Pour un disciple de Jésus, il n’y a pas de fatalité comme dans les tragédies grecques. L’amour n’est pas un sentiment, c’est un acte de volonté. Et l’on peut aimer non seulement son épouse ou son conjoint, non seulement ses enfants quand ils sont gentils et obéissants, non seulement ses parents quand ils sont généreux et encourageants, mais aussi mon voisin quand il empiète sur mon terrain, mais aussi mon collègue de bureau quand il dit du mal de moi, mais aussi les malades quand ils se plaignent, les pauvres quand ils font pitié, les vieux quand ils refusent les nouveautés. Finalement, comble du comble, on peut aimer même son ennemi ! Et on peut l’aimer parce qu’on se force à le respecter, parce qu’on se force à lui souhaiter le meilleur, qui n’est pas nécessairement d’aller dans notre sens.

Aimez-vous les uns les autres… Comment ? Comme je vous ai aimés !

Peut-être aurions-nous intérêt à étudier comment Jésus a aimé. Nous serons surpris.
Il n’a jamais été mièvre, ni condescendant, ni paternaliste, ni moralisateur. Il a cru en nous, il nous a donné des responsabilités. Il nous a tout délégué. Il nous ouvre une ligne de crédit infinie : « tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera ».
Chiche. Qu’allons-nous demander ?
Peut-être d’apprendre à vivre, c’est à dire à aimer ? Alors nous le connaîtrons, tel qu’il est !

"Qui aime, connaît Dieu !"
 



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