DOMUNI UNIVERSITAS

Paroles vives

Jn 20,19-31 Apparition à Thomas

Jn 20,19-31 Apparition à Thomas 7 avril 2018

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 20,19-31.

C’était après la mort de Jésus. Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »
Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.
Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »
Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint.
À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »
Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu.
Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »
Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! »
Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. »
Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »
Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »
Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre.
Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.

Homélie du fr Michel Van Aerde op

Qu’en est-il de notre foi ?

De la foi de notre communauté et de la foi personnelle de chacun de nous en particulier ? Qu’en est-il de l’expérience spirituelle et de sa transmission ? Qu’en est-il de la foi sans expérience, sans vérification, ou plutôt avant l’expérience, avant la vérification ? Qu’en est-il de l’Espérance ?
Ce sont ces questions que je retrouve dans ce récit. Il nous parle de nous, la communauté des disciples qui sommes qui nous sommes, des gens normaux, qui avons souvent peur, qui avons parfois été traumatisés.

Premier acte : la peur

Les disciples se sont repliés sur eux-mêmes. Les portes sont verrouillées. Il n’y a rien à attendre d’eux. Ils n’ont plus aucune ressource intérieure. Ils ne s’en sortiront pas tous seuls. Avez vous connu pareille situation ?

Deuxième acte : l’impossible surgit.

L’incroyable se manifeste réalité. « Jésus vint et il était là, au milieu d’eux ». L’inconcevable s’impose à leurs oreilles : « La paix soit avec vous », cela touche leur cœur… Et il s’impose à leurs yeux : « à cette parole, il leur montra ses mains et son côté », c’est à dire ses blessures. Le résultat ? La joie ! « Les disciples furent remplis de joie », une surabondance de joie.
Une expérience donc. Une expérience qui s’impose, le contraire d’une auto suggestion. Une expérience inattendue, inespérée, une expérience incroyable, l’expérience de l’impossible devenu réalité. Avez-vous connu expérience semblable ? Ou quelque chose qui y ressemble ?

Mais, troisième acte, cette expérience est passagère.

Elle est ponctuelle. Elle n’est pas permanente. Et on ne peut pas la reproduire, à la différence des expériences scientifiques. C’est une expérience spirituelle, une expérience qui vous conforme au Christ, qui fait de vous un enfant de Dieu, plus encore : un envoyé de Dieu. « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Cela suppose avoir reçu l’Esprit Saint, le Souffle de Dieu, le pneuma, être devenu « pneumatique » ! Avoir un dynamisme divin, spirituel au sens d’une inspiration et d’une expiration, d’une respiration nouvelle. « il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint » ». Ce récit est d’une densité exceptionnelle.
Et nous sommes envoyés avec quelle mission ? Celle d’annoncer le pardon et de le communiquer : « À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. » Ici aussi, vous y reconnaissez-vous ? Avez-vous le sentiment d’une semblable responsabilité ?

Quatrième acte. Le groupe des disciples n’était pas complet, il n’est jamais fermé…

Ici, il en manquait un. Il y a toujours une extériorité. Il va être le premier prévenu, le groupe fait sa première expérience de témoigner. « Nous avons vu le Seigneur ». Eux oui, mais pas lui… Le témoignage n’a pas marché. Il n’a pas éveillé la foi. Nous en faisons l’expérience tous les jours aussi : l’expérience de la non-expérience. Pourquoi moi, pourquoi pas eux aussi ? Ou l’inverse : pourquoi ont-ils fait une expérience à laquelle je n’ai pas accès ? Pour croire, on voudrait vérifier. On voudrait partager l’expérience source, l’expérience spirituelle irréductible. En êtes-vous là ? Avez-vous des proches qui vous disent cela ?
J’aime ce constat d’un intellectuel athée, il écrit : « je suis un incroyant convaincu qu’il faut croire ». Il fait l’expérience que l’on ne se donne pas la foi, qu’elle est une expérience, une rencontre personnelle. Elle n’est pas seulement une conviction. Elle n’est pas seulement une philosophie, ni même une culture. La foi chrétienne ne se décrète pas comme la confession musulmane. Elle ne s’assume pas non plus comme un héritage comme dans la tradition juive. Elle n’est pas seulement une expérience intérieure que l’on fait au terme d’un entraînement comme dans les sagesses orientales. Elle est une rencontre et une constatation « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. »

Cinquième acte : tout ce que je viens de dire est annulé par une phrase surprenante 

« Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »
Il serait donc possible de croire sans avoir vu ? De croire sur parole. Grace à ces récits ?
 



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