DOMUNI UNIVERSITAS

Paroles vives

Il vous enseignera tout.

Il vous enseignera tout. 27 mai 2019

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 14,23-29.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure.
Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé.
Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ;
mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. »
Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé.
Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m’en vais, et je reviens vers vous. Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi.
Je vous ai dit ces choses maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez.

 Méditation

Deux phrases de Jésus retiennent mon attention :

« Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ; mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. »

« Je vous ai dit ces choses maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez. »

Jésus parle maintenant, il n’explique pas. On ne peut pas encore comprendre. Il donne des clés pour « après ». Et il encourage pour que, dans l’épreuve qui va arriver, on puisse croire, tenir le coup, ne pas être outre mesure bouleversé ni effrayé, ne pas être sidéré, paralysé.

Jésus parle « maintenant » pour que l’on comprenne « après ». Après les faits. Des faits que l’on ne comprendra pas sur le moment, des faits qui vont provoquer trouble, peur, désespoir. « Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé ». Jésus nous avertit : il y a de quoi être bouleversé et effrayé, mais il faut garder confiance, tenir bon par la foi, dépasser les réflexes du « sauve qui peut », avancer même si tout semble impossible et bloqué.

Les avertissements de Jésus sont clairs : son programme va occasionner des problèmes. Son grand projet va être bloqué. Il n’a pas choisi la voie de la facilité. L’Evangile n’est pas une « success story »… Mais il a aussi des paroles rassurantes : tout sera surmonté. On finira même par comprendre, après coup... Parce que les faits, sur le moment absurdes et scandaleux, seront paradoxalement une véritable initiation, une véritable révélation. A partir de cette expérience fondatrice, l’Esprit de Dieu, le Défenseur, nous expliquera tout.

Jésus ne cherche pas à nous expliquer avant. Il n’a d’autre pédagogie que celle de nous associer à sa passion. Il n’y a pas d’autre moyen de comprendre que de vivre avec lui la même Pâque, la même traversée. Il faut avoir été plongé, baptisé dans cette même épreuve pour, avec lui, en émerger.

Il y a donc trois temps : avant, pendant, après. C’est la structure fondamentale du mystère pascal, le secret de tout chrétien. Avant, Jésus parle mais il sait nous ne comprenons pas. « Avant », nous pouvons être attentifs, pour que « pendant », nous puissions tenir, durer. « Après », nous pouvons nous souvenir. Nous pouvons utiliser les paroles données comme des clés pour comprendre, en recevant l’Esprit. L’Esprit est donné dans cette épreuve, par cette expérience et, dans ce souvenir, les paroles prennent vie, s’éclairent, après coup.

Nous n’aimons pas l’épreuve, personne n’aime l’épreuve, et nous aimerions passer directement du premier temps au dernier temps. Nous aimerions éviter le temps de la dépossession, de la perte du contrôle, de la dépendance et de la vulnérabilité. Nous aimerions ne pas connaître le temps de l’abandon. Mais « Il vous est bon que je m’en aille, car, si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous ; mais si je pars, je vous l’enverrai. »

Nous avons été baptisés et confirmés. Ces jours-ci nous approchons de la Pentecôte et nous pouvons nous rendre accueillants à l’Esprit Saint. Nous pouvons lui demander d’éveiller en nous le souvenir de Jésus, mort et ressuscité, le laisser éveiller notre intelligence des voies de Dieu, stimuler nos audaces, calmer nos angoisses, consoler nos peines, nous apprendre la vraie joie. Nous pouvons nous confier à son élan, pour aller toujours plus loin, au-delà de ce que nous voyons, de ce que nous comprenons, de ce que nous contrôlons.

Si vous me parlez de votre expérience spirituelle, cela ne m’intéresse pas disait un philosophe athée contemporain, car je n’ai pas eu ce type d’expérience et c’est incommunicable . Mais quand je vois des personnes qui réalisent des choses impossibles, comme Mère Térésa ou Nelson Mandela, cela m’interpelle. Il y a en eux une force d’âme, une confiance, une foi dont l’existence s’impose à moi.

Que notre comportement dans les épreuves manifeste, dès maintenant, la présence de Dieu.

 

 



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